Guide de référence · Viticulture

Le registre phytosanitaire en viticulture : le guide du vigneron

Dernière vérification réglementaire : 17 juillet 2026 — règlement (UE) 2023/564, arrêté du 24 décembre 2025, référentiel CEC du BNIC.

Pulvérisation dans un vignoble charentais au lever du jour

La vigne est l’une des cultures les plus traitées de France : douze à seize passages fongicides par saison contre le mildiou, l’oïdium et le black-rot. Autant de lignes de registre à tenir — et, dès le 1ᵉʳ janvier 2027, à tenir au format électronique. Voici le guide pratique du viticulteur.

Pourquoi la vigne est un cas à part

La pression fongique impose un rythme soutenu de fin avril à début août, souvent décidé la veille pour le lendemain. Résultat : le registre viticole compte plus de lignes que celui de bien des grandes cultures, sur des parcelles plus nombreuses et plus petites. Chaque passage sur chaque parcelle est une ligne : un traitement appliqué à cinq parcelles en une matinée en génère cinq.

S’ajoute une particularité du terrain : dans une bonne partie des vignobles — Grande Champagne comprise — il n’y a simplement pas de réseau. Un outil de saisie qui exige une connexion au moment du traitement est inutilisable au moment précis où l’information est fraîche.

Ce que le registre doit contenir

Les exigences sont celles de l’arrêté du 24 décembre 2025, communes à toutes les cultures : SIRET de l’exploitation, nom commercial et numéro d’AMM du produit (vérifiable dans la base E-Phy de l’ANSES), date d’utilisation, dose appliquée, surface traitée, culture et localisation de la parcelle, et mention du caractère biologique le cas échéant. Le détail complet — calendrier, période transitoire 2027-2029, formats acceptés — est dans notre guide de l’obligation 2027.

Si vous préférez commencer au tableur, notre modèle Excel gratuit comprend un onglet « exemple rempli en vigne » sur une campagne complète.

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CEC, HVE et audits des négociants

En Charente, le registre n’est pas qu’une affaire de contrôle administratif. La Certification Environnementale Cognac (CEC), portée par le BNIC et qui intègre la certification HVE, fait de la traçabilité des traitements un critère audité. La filière s’est fixé un objectif de 100 % des exploitations certifiées en 2028 — et les maisons de négoce le répercutent sur leurs livreurs.

Concrètement, chaque audit CEC ou HVE est un moment de vérité pour votre registre : exhaustivité des passages, cohérence produit/culture/dose, capacité à présenter les données proprement. Un registre tenu au fil de l’eau, exportable en un clic, transforme l’audit en formalité. Un cahier reconstitué de mémoire en fin de semaine, beaucoup moins.

DAR, délai de rentrée, IFT : les données qui entourent le registre

Trois notions accompagnent la tenue du registre en vigne. Le DAR (délai avant récolte) — de 3 jours minimum à 120 jours selon le produit — conditionne la date de vendange ; il figure dans E-Phy et sur l’étiquette. Le délai de rentrée dans la parcelle (arrêté du 4 mai 2017) est de 6 heures par défaut, porté à 24 h ou 48 h selon les mentions de danger du produit. Enfin l’IFT (indice de fréquence de traitement) — dose appliquée × part de parcelle traitée / dose homologuée — est calculé à partir de votre registre pour les MAEC, la HVE et les BCAE : un registre précis est la condition d’un IFT juste.

En cas de contrôle conditionnalité PAC, le contrôleur vérifie l’exhaustivité et la cohérence de ces données — le déroulé complet est décrit dans notre guide contrôle phyto : déroulé et sanctions.

Questions fréquentes